Tendinite d'Achille du runner : comprendre et sortir du cercle vicieux
Pourquoi le repos seul ne suffit pas et que faire à la place.
Brice Bourdon
Ostéopathe D.O., accompagnement sportif

La tendinopathie d'Achille est l'une des blessures les plus fréquentes chez le runner, et l'une des plus mal prises en charge. Le réflexe "repos complet jusqu'à ce que ça passe" est une erreur. Voici ce que dit la recherche actuelle.
Pourquoi le tendon souffre
Le tendon d'Achille subit des charges allant jusqu'à 12 fois le poids du corps en course. Quand la charge dépasse la capacité d'adaptation du tissu (volume trop élevé, dénivelé, chaussures inadaptées), des micro-lésions s'accumulent. Le tendon ne s'enflamme pas vraiment : il dégénère mécaniquement.
Le piège du repos total
Un tendon a besoin de stress mécanique adapté pour se réparer. Le repos prolongé l'affaiblit encore plus. Le concept clé est la mise en charge progressive contrôlée.
Le protocole qui fonctionne
- •Phase 1 (semaines 1-2) : exercices isométriques, 5 séries de 45 secondes, 2 fois par jour.
- •Phase 2 (semaines 3-6) : excentriques type Alfredson, 3x15, lent à la descente.
- •Phase 3 (semaines 7+) : reprise très progressive de la course, marche/course, ajout de pliométrie légère.
Règle d'or : la douleur pendant l'exercice peut atteindre 4/10, mais doit revenir à son niveau de base le lendemain matin.
Les facteurs à corriger en parallèle
Mobilité de la cheville, force du mollet, technique de course (cadence, attaque du pied), choix des chaussures, sommeil, stress. Une tendinopathie est rarement mono-causale.
Quand consulter ?
Si la douleur dure plus de 3 semaines malgré une gestion adaptée, ou si elle est nocturne, un bilan complet s'impose pour écarter une rupture partielle ou une enthésopathie d'insertion.
Brice Bourdon
Ostéopathe D.O., accompagnement sportif
Brice accompagne les habitants de Lyon Sud pour leurs douleurs, leur posture et le suivi de leurs enfants. Bilan personnalisé sur RDV à Oullins.
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